Je n’aurai pas changé de cursus pour intégrer une section Arts plastiques en cours de lycée. Je n’aurai pas non plus quitté le nid familial à l’âge de 17 ans pour poursuivre des études en arts appliqués. Je n’aurai pas pris la voie de la passion.

Je ne me serai pas engagée dans un stage de fin d’études militant, au sein du collectif Nous Travaillons Ensemble. Un collectif qui prône ses valeurs et se bat pour ses idées. Un collectif qui m’a ouvert les yeux sur les possibilités de mon métier. Je n’aurai pas pris la voie de l’engagement.

Je n’aurai pas présenté un projet engagé pour mon mémoire de fin d’études, un projet en dehors du cadre. Un projet qui parlait du Droit des enfants en 2005 dans le monde. Cette prise de risque, non saluée par le Jury, m’aura presque value de rater mon diplôme. Sans elle, je n’aurai pas pris le pouvoir sur ma vie.

Je n’aurai pas osé dire non à un grand groupe de communication Euro-RSCG, à la sortie de mes études, pour un CDI bien confortable. Je n’aurai pas non plus intégré un atelier de Design graphique, Perluette, composé de 3 graphistes indépendants. Je n’aurai pas pris la voie de l’indépendance.

Je n’aurai pas imaginé avoir 3 enfants et mon entreprise en même temps. J’aurai choisi entre vie de famille ou carrière. Pourquoi pas les deux ? Je n’aurai pas pris la voie des mumpreneurs.

Je n’aurai pas créé mon studio de Design graphique éponyme. Je n’aurai pas choisi la voie de l’entreprenariat, de l’indépendance. J’aurai eu peur d’être seule. De ne pas y arriver. Je n’aurai jamais su que cette voie était véritablement faite pour moi. Je n’aurai jamais compris que je suis à ma juste place. Je n’aurai pas pris la voie de ma liberté.

Je n’aurai pas cheminé pour découvrir qui je suis, ce que je fais ici, pourquoi je me lève chaque matin, ce que j’aime par-dessus tout, ce qui m’anime, ce pourquoi je suis ici à faire ce que je fais, ce en quoi je crois, ce que je veux défendre, ce que je veux léguer.

Je n’aurai pas pris la voie de l’inspiration.

Je n’aurai pas pris le risque de me marier. Se marier aujourd’hui, c’est être buissonnier, c’est engageant. Et l’engagement, c’est une prise de risque. Je n’aurai pas pris la voie de l’amour.

Je ne serai pas allée chercher toutes les réponses à mes nombreux questionnements.

Je ne t’aurai pas trouvé toi, toi qui me lis aujourd’hui et qui se reconnait dans ces quelques lignes. Je n’aurai pas pris la voie du développement personnel.

 

©mnmist-fr

 

Mais seulement voilà, j’ai choisi la voie buissonnière

Celle que j’ai toujours rêvé de vivre et que je continue de rêver éveillée, une voie où je prends des risques, je suis libre de mes choix, même s’ils ne sont pas toujours confortables. Une voie avec des hauts et des bas, des doutes, des espoirs, des échecs, des succès. Une voie où je me dépasse, j’explore, je me surprends, je chemine, je te rencontre, je prends des vents contraires, je change de directions. Une voie où J’ai confiance parce que je sais que le monde prend soin de moi à chaque instant.

Pour arriver ici, il m’aura aussi fallu passer par tous ces chemins de traverse, ses chemins buissonniers, où j’ai parfois les pieds dans la boue, les orties qui me frottent les jambes, les barbelés qui me barrent la route, la nature sauvage à perte de vue. Là où le chemin n’est pas tracé, là où je dois choisir où aller, et défricher la voie pour y accéder. Là où je peux me perdre, là où je doute aussi, où je me sens parfois seule, très seule. Là où je dois me battre, parce que rien n’arrive jamais par hasard, là où je dois me dépasser pour atteindre les sommets, me frayer un chemin hors des sentiers battus, mon propre chemin « buissonnier ».

 

With love,

La Buissonnière

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